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Lancement du BAG en Europe: le discours du leader Sadio Barry

Le samedi 20 avril 2019, le parti Bloc pour l'Alternance en Guinée (BAG) a officiellement lancé ses activités en Europe, après la victoire juridique sur le régime condé qui voulait empêcher ce parti dont certains des fondateurs sont bien connus des anciens et dirigeants actuels du RPG. Voici le discours intégral de Monsieur Abdoulaye Sadio Barry, président du parti.

 


 

Bruxelles le 20 Avril 2019

 

LANCEMENT EN EUROPE DES ACTIVITES
DU
BLOC POUR L'ALTERNANCE EN GUINÉE
(B. A. G)
 

Discours de Monsieur Abdoulaye Sadio Barry président du parti.

 

Chères sœurs, chers frères de Guinée,
Chers amis de la Guinée,
Chers invités,
Mesdames et Messieurs,

Mes chers compatriotes et chers amis,

Je vous remercie aux noms de tous les membres fondateurs et sympathisants de notre parti, le BLOC POUR L'ALTERNANCE EN GUINÉE (BAG), d'être venus si nombreux assister au lancement en Europe des activités de notre parti.

Mes chers compatriotes,
Ce 20 avril 2019 restera gravée dans l'histoire politique de notre pays. En effet la rencontre d'aujourd’hui est l'aboutissement d'une longue et discrète lutte, menée avec ténacité et détermination par un groupe de Guinéennes et de Guinéens, pour la création d'un parti politique pouvant offrir une alternative crédible à notre peuple. Avant de vous parler de notre parti, le BAG, et les motivations de sa création, permettez-moi, Mesdames et Messieurs, de partager avec vous le regard que mes amis et moi portons aujourd'hui sur ce pays cher à nous tous : la Guinée.

Mes chers compatriotes et chers amis de la Guinée,
Les perspectives des élections présidentielles de 2010 pour mettre fin au pouvoir militaire que nous connaissions avaient soulevé un immense espoir dans toutes les couches sociales de notre pays. Toutefois cet espoir fut de très courte durée. En effet, il fut vite déçu en raison des conditions dans lesquelles la campagne, surtout celle du deuxième tour s'était déroulée. Les discours de haine et les violences enregistrées, dont nous subissons encore aujourd'hui les répliques, ont laissé de profonds sillons entre les Communautés. Après son élection, au lieu de s'atteler à apaiser les tentions qu'il avait lui-même suscitées, de créer les conditions d'une coexistence pacifique entre les Guinéens, Monsieur Alpha Condé se livre depuis neuf ans, à des entreprises de division et de démantèlement de ce qui constitue le socle d'un pays: la cohésion sociale et l'unité nationale. Tous les jours, chaque acte qu'il pose élargit encore davantage ce fossé entre les communautés, alimente les frustrations, exacerbe la haine. Notre pays, sous la présidence de Monsieur Alpha Condé, ne connaît que violences et tensions permanentes, de Conakry à Siguiri, de Boké à Piné.

La Guinée a certes connu des moments douloureux depuis 1958, mais jamais le sentiment d'appartenance à la nation guinéenne n'avait été soumis à une aussi rude épreuve. Jamais aucun président guinéen n'avait publiquement nié à une portion de Guinéens, si petite soit-elle, son appartenance à la Guinée. Monsieur Alpha Condé dans un meeting tenu à Kankan le 9 mai 2015 déclarera à la population malinké de cette ville qui venait d’accueillir un Guinéen originaire de la Forêt comme gouverneur, je le cite:

« Si vous avez accepté le gouverneur Nawa Damey, alors qu’il est forestier, c’est parce que la Guinée appartient aux Malinkés, aux Forestiers et aux Soussous! ».

Cette volonté d'exclusion des Peuls n'était pas une maladresse, comme certains ont voulu nous le faire croire. Elle était délibérée. Elle s’inscrivait dans la logique de ses propos au journal « Le Monde » du 2 sept 2010 suite au ralliement de Sydia Touré de l’UFR à l’alliance de Cellou Dalein Diallo:

« Sidya Touré a perdu sa base électorale. Je suis soutenu par la Basse, la Haute Guinée et la Guinée forestière. C’est l’expression du refus de la volonté de domination des Peuls ».

Jamais nulle part dans le monde un président de la république n'avait exprimé une telle haine à l'endroit d'une partie de sa population.

À l'égard des leaders de l'opposition de son pays, le mépris de Monsieur Alpha Condé est sans commune mesure. Lorsqu'il parle d'eux c'est avec hargne et la volonté de les humilier. Toutefois, dans ces gesticulations politiciennes, s'étalent au grand jour les incohérences et l'inconsistance d'un homme qui ne s'embarrasse pas de mensonges grossiers dont les jeunes à Conakry se délectent.

Monsieur Alpha Condé profite de chaque occasion qui lui est offerte, même en présence des diplomates étrangers, pour vilipender les anciens Ministres et opposants à son régime, en les traitant de voleurs et de nains politiques responsables du retard de la Guinée; de chercheurs d'argent et de poste. Il ignore que ce faisant, il offre à ces diplomates l'image d'un homme immature, inconséquent, qui ne s'embarrasse aucunement de recycler dans son gouvernement ceux-là qu'il traite de voleurs. Est-ce pour l'aider à piller davantage le pays ou pour des soutiens pour le pouvoir à vie qu'il recherche ? C'est nul doute dans ce sens qu'il faut comprendre cette nouvelle nomination de Papa Koly Kourouma qu'il traitait encore il y a peu de tous les noms d'oiseau. Mais aussi de retarder aussi longtemps que possible le retour de Dadis Camara qui en sait trop sur lui dans le dossier des événements du 28 septembre 2009.

Chers compatriotes et chers amis,
Il doit y avoir une cohérence entre la parole de l'homme politique et les actes qu'il pose pour qu'il soit crédible. Lorsque cette condition fait défaut chez le premier magistrat du pays, on est alors en pleine aventure politique qui peut avoir des conséquences catastrophiques pour ce pays. La Guinée est dans cette situation aujourd'hui. Chez Monsieur Alpha Condé il n'existe qu'une seule constante: la démolition. Démolir ses adversaires politiques, démolir tous ceux qui osent le critiquer, comme les jeunes artistes, démolir les maisons des gens, sans état d'âme comme il le dit lui-même, démolir le pays. L'actualité du moment nous offre des images de désolation et de détresse de milliers de familles que sauf un homme dénué de tout réflexe de compassion peut supporter. Quel mois de ramadan et saison de pluie vivront ces familles sans toit? Quelle misère, quelles souffrances endurent aujourd’hui les Guinéennes et Guinéens et quel embêtement pour ceux qui reçoivent les refugiés guinéens, ici en Occident ?

Chers compatriotes et chers invités, du Prophète Mouhammad (PSL) :
« Si les gens laissent l’injuste agir librement, il s’en faut de peu pour qu’Allah leur inflige un châtiment général. ». En sommes-nous là en Guinée chers compatriotes ?

Chers compatriotes et chers amis de la Guinée,
Monsieur Alpha Condé a une idée singulière de la démocratie. Cet homme en qui des jeunes étudiants avaient placé tout leur espoir dans les années 1990 pour l'avènement d'une véritable démocratie en Guinée, cet homme que l'opposition guinéenne, avec à sa tête l'intrépide Bah Mamadou, (paix à son âme) et tous les démocrates africains défendront avec acharnement après son arrestation en 1998 à Piné, l'homme que Amnesty international adoptera, cet homme qui se disait le Mandela de la Guinée après son élection en 2010, s'est révélé dans l'exercice de ses fonctions présidentielles adepte de la violence, de la confrontation permanente, toujours dans la provocation non pas pour des débats d'idée, mais dans le seul but de créer des tensions au sein de la population et d'installer le doute et la peur dans le camp de ses adversaires. Ce n'est point de la fanfaronnade lorsqu'il dit réduire l'opposition à néant. Nous l'avons vu à l'œuvre, corrompre à coup de milliards de francs des politiciens de la gamelle. Il a fini par faire de l'espace politique guinéen des pâturages où certains hommes politiques vont brouter, là où l'herbe est plus grâce. Comme c'est lui qui tient l'arrosoir, en l'occurrence la bourse, les moins vertueux se prélassent toujours dans son pré. La Guinée et les guinéens ne sont pas leur souci premier.

Qu'a-t-il de démocrate cet homme qui se glorifie de réduire à néant son opposition? Un homme qui conditionne la délivrance de l'agrément d'un parti politique à la promesse que les responsables de ce parti lui apportent leur soutien? En réalité qu'ils s'assujettissent à lui avant même de naître.

En politique aussi existent la morale et l'éthique.
Un régime démocratique suppose une majorité politique qui exerce le pouvoir dans le respect des règles communes et une opposition qui s'oppose de façon constructive dans le respect des mêmes règles de loi. Un Président qui ne veut avoir qu'une opposition moribonde est un dictateur; et le trait commun entre tous les dictateurs est le goût prononcé pour le pouvoir à vie, avec un désir ardent de le léguer à leur progéniture.

Chers compatriotes, Chers amis de la Guinée,
En Neuf ans de pouvoir seulement Monsieur Alpha Condé à plongé notre pays dans une crise politique, sociale, économique et morale sans précédent. Après lui nous mettrons des années pour remonter la pente. D'où la nécessité d'un rassemblement de tous les enfants de la Guinée, sans aucune exception ethnique ou confessionnelle pour une mission sacrée: sauver notre pays. C'est dans cet esprit que le parti dont nous lançons les activités aujourd'hui en Europe est créé.

Chers compatriotes et chers amis de la Guinée et de la liberté,
Nous avons créé le BAG après avoir observé Monsieur Alpha Condé dans l'exercice de ses fonctions, et face à lui une opposition empêtrée dans ses multiples contradictions. Avant d'en arriver à la création d'un parti politique, nous avons essayé plusieurs approches, notamment celle consistant à soutenir des groupes d'hommes qui nous donnaient le sentiment d'avoir les mêmes préoccupations que nous, concernant notre pays. Nous avons dû nous rendre à l'évidence. En Guinée la transhumance politique est une triste réalité. L'engagement politique doit être avant tout, pour un idéal, fondé sur une conviction. Ne peuvent mener un combat politique ensemble que ceux qui ont le même idéal et les mêmes convictions. Le BAG a été créé par des compatriotes qui ont ces valeurs en partage.
Les fondateurs du Bloc pour l'Alternance en Guinée ont scrupuleusement respecté les lois sur la création des partis politiques en Guinée. Nous pensions être dans un Etat de droit même si plusieurs signaux nous faisaient douter de sa réalité. Alors que rien sur le plan administratif ne s'opposait à la délivrance de notre agrément, nous avons fini par comprendre que seule une juridiction supranationale pouvait trancher, car nous avions trouvé sur notre parcours non pas une administration, mais un homme dont la volonté d'exclure de la sphère politique tous ceux qui ne se soumettraient pas à lui pour le servir est sans limite. Notre présence ici ce jour est donc le résultat d'une bataille juridique remportée sur Monsieur Alpha Condé devant le tribunal de la CDEAO qui a condamné le pouvoir de Conakry. Les attendus du tribunal sont dans l'arrêt N°. ECW/CCJ/JUD/06/19.

Chers compatriotes et chers amis de la Guinée,
Je suis persuadé que 2019/2020 seront des années palpitantes, des années de bouleversements. Les contestations gagnent du terrain partout et je crois que nous sommes au début d’un processus de changements qui aboutira au renouvellement des systèmes qui ont eu leur limite et que les nouvelles générations n’acceptent plus.

Mes camarades et moi sommes ici aujourd'hui devant vous sous les bannières de notre propre parti politique pour opérer une rupture avec le système de division ethnique, de corruption et de crimes organisé établi dans notre pays depuis son indépendance.

Le BAG, c’est une autre façon de voir, de concevoir et faire la politique. Le BAG est déjà sur le terrain en Guinée depuis deux ans. Nous pouvons affirmer que désormais nous serons au rendez-vous de tous les combats politiques et comptons être présents à toutes les futures élections.

Toutefois, un parti politique est fait de femmes et d'hommes, de jeunes et de moins jeunes, convaincus de la nécessité de leur combat. Ce sont eux qui animent et font vivre le parti. Nous ambitionnons d'en faire un parti transversal, ouvert aux débats d'idées. Un parti de tolérance. Nous serons soucieux de ne pas répéter les erreurs et les abus observés dans d'autres partis. Le combat politique n'est pas pour nous de la confrontation. Nous croyons profondément aux vertus du dialogue, mais sans naïveté. Dans le combat politique que nous engageons aujourd'hui notre ligne rouge est et restera l'Unité nationale, la Cohésion sociale, la Solidarité nationale, enfin la Défense de l'intégrité territoriale de la Guinée et les intérêts vitaux de la Nation sur lesquelles nous ne transigerons pas.

Toutefois, ce noble combat ne se gagne pas par un petit groupe d'hommes. C'est la Nation guinéenne unie dans sa diversité enrichissante qui le gagnera. La force d’un Etat, réside dans l’unité de son peuple et sa stabilité dans la paix et la justice sociale, conditions indispensables pour le développement économique d’un pays. C'est pourquoi, chères sœurs, chers frères et amis de la Guinée, nous vous invitons à vous joindre à nous pour entamer ensemble cette longue et difficile marche, mais exaltante, pour changer tout ce qui nous révolte aujourd'hui afin de léguer à nos enfants et aux générations futures, un peuple uni, une nation fraternelle, un pays prospère et solidaire.

VIVE LA GUINÉE
VIVE L'UNITÉ NATIONALE
VIVE LA SOLIDARITÉ ENTRE LES GUINÉENS

Je vous remercie.

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